Un système alimentaire durable

Quel est le problème ?

Durant les dernières cinquante années, notre alimentation a profondément changé : nous consommons de plus en plus de protéines animales, surtout sous forme de viande ; les aliments que nous consommons parcourent souvent un grand nombre de kilomètres avant d’arriver dans nos assiettes ; la production en serres ou à l’autre bout de la terre a gommé la notion de saison ; de plus en plus d’intermédiaires interviennent, raresrendant les contacts avec les producteurs plus rares ; les aliments que nous consommons sont de plus en plus emballés contiennent trop. Trop de sucre. Trop de produits et sont trop souvent raffinés ou transformés.

Notre mode d’alimentation tend à se répandre dans d’autres cultures. On constate qu’en Chine et en Inde, la consommation de viande ne cesse d’augmenter. Or, nous sommes confrontés à un autre défi : la croissance de la population mondiale. Comment nourrir 9 milliards de personnes en 2050, surtout si tout le monde se met à manger de la viande ?

Nous sommes aussi confrontés à un problème d’épuisement des ressources : les énergies fossiles, surtout le pétrole et le gaz, sont de plus en plus difficiles à extraire ; l’agriculture intensive épuise les sols qui ont besoin de plus en plus d’engrais ; l’eau sera un enjeu crucial dès les prochaines décennies. Déforestation pour huile de palme. Poissons. Perte de biodiversité. Changements climatiques. La pollution des nappes phréatiques par les déjections animales, les engrais, les pesticides est également.

De moins en moins de fermiers. Grandes exploitations spécialisées au lieu de petites exploitations diversifiées. Conséquences sur la santé et coûts sociaux : surpoids, obésité, maladies cardiovasculaires, diabète, cancers…

Qu’est-ce qu’un système alimentaire durable ?

En 2010, le Conseil fédéral du Développement durable a rédigé, à la demande du ministre de l’Energie et du Climat, un avis sur ce que doit être un système alimentaire durable. Celui-ci est défini comme suit :

Un système alimentaire durable garantit le droit à l’alimentation, respecte le principe de la souveraineté alimentaire, permet à tous, partout dans le monde, de disposer d’une alimentation saine et suffisante à un prix accessible, et veille à ce que le prix final d’un produit reflète non seulement l’ensemble des coûts de production, mais qu’il internalise aussi tous les coûts externes sociaux et environnementaux. Il utilise les matières premières et les ressources (en ce compris le travail et les ressources naturelles telles que les sols, l’eau et la biodiversité) “at their rate of recovery” et respecte les différentes facettes de la culture alimentaire. Tous les acteurs de la chaîne alimentaire et les autorités doivent contribuer à réaliser un tel système alimentaire durable.

Le CFDD a envisagé tous les aspects de la question : environnement (préservation des ressources, etc.), sociaux (fermiers ici et ailleurs, prix de l’alimentation), économiques, culturels, sanitaires.

Que faire concrètement ?

Revenir à une alimentation de bon sens. Privilégier les aliments de saison et de proximité, diminuer la quantité de viande que l’on mange, découvrir les alternatives végétariennes, manger plus de fruits et de légumes, manger moins de sel, de sucre et de graisses saturées, privilégier le commerce équitable pour les aliments qui poussent hors d’Europe (thé, café, chocolat, épices, etc.). Moins de gaspillage. Poissons labélisés MSC. Soutenir les petits producteurs (GAC, GAS, etc.). Suivre les recommandations du PNNS.